La rentrée de l’îlot Vivant

Jusqu’à encore peu, l’Îlot Vivant c’était deux types, Gaspard et Seb, un peu effrontés faut dire, qui, installés dans une ferme au Sud de Rennes, croyaient constituer un “collectif”. Ils n’avaient pas un rond, à peine une caravane, pas de statut, et voulaient rien de moins que de créer une coopérative intégrale (capable d’apporter des réponses aux divers besoins d’un territoire de manière alternative) dans ce qu’ils appelaient, au Sud de Rennes, la “Vallée Vivante”.   

       Quelques mois plus tard, alors que vient l’automne, on est 6 à vivre sur la ferme et à s’engager à temps-plein dans les projets – Gaspard et Seb, maintenant rejoints par Nolwenn et Hortense, futures paysannes-solidaires, et Axel et Mathias, ingés low-tech multi-casquettes (sans oublier Madie, petite chienne du Pacifique). Une demi-douzaine d’autres personnes se posent la question de venir nous rejoindre pour déployer leurs (en)vies ici dans les prochains mois. On a empoché deux appels à projet, qui vont nous donner les moyens (financiers en tout cas) de nos ambitions sur les mois et années à venir. On commence véritablement à connaître et se faire connaître de notre (délibérément petit) territoire, de ses paysan.nes, élu.es, étudiant-es. On aura bientôt des lieux de vie collectifs, une yourte auto-construite d’abord, puis un mobilhome sans doute, et peut-être, au printemps, un corps de ferme (ou deux) racheté(s) par une mairie quelques communes plus bas. Et on s’apprête à déployer un écosystème de projets : low-tech pour les fermes, accompagnement à l’installation et la création d’activités collectives et paysannes en milieu rural, cantine itinérante animée dans les facs et les écoles… 

       Alors certes, la coopérative intégrale, on n’y est pas encore (vu l’ambition du machin, on vous donne plutôt rendez-vous pour son inauguration à l’horizon 2067). Certes l’hiver qui se dessine en caravane va nous rappeler les températures de la polyclinique pontyvienne (confection de lits à baldaquin et pôles de masse ou dîners dans le fournil de la ferme sont à l’agenda). Certes nos modèles écos sont pas encore éprouvés. 

        Mais le début de notre aventure nous fait déjà, en quelques mois, apparaître la suite comme de moins en moins folle ; de plus en plus réalisable, pour nous qui expérimentons, d’autres manières de s’organiser, de travailler, de vivre ; de plus en plus sensée pour les jeunes (et quelques moins jeunes) qui, en quête d’autres trajectoires, passent sur la ferme, glissent la tête par le hangar où, à côté des cochons, s’animent nos réunions et nos utopies. 

       Alors, pendant que le Covid et le capitalisme artificialisent nos relations, nos terres, nos vies et nos villes, on souhaite, plus que jamais, prendre les champs, créer des liens, et ouvrir des perspectives de vie collectives, engagées, paysannes, low-tech… 

      Pour ça, on ne sera jamais trop ! Alors si vous voulez nous rejoindre ou, encore mieux (puisqu’il faut des points d’ancrage partout), initier des dynamiques collectives, alternatives et péri-urbaines ou rurales par chez vous, on sera ravis d’échanger (le mail et le site web Îlot sont pour bientôt, en attendant vous devrez passer  par google (aïe) sebastien.bihan.sibi@gmail.com ou le facebook (aïe²) de l’Îlot). 

Cet article a 3 commentaires

  1. Bastien E

    Trop stylé les mecs, belle initiative. En espérant que tout se développe comme vous le souhaitez!! Je passerai à l’occas’ 😉

  2. Philippe

    Vous êtes l’avenir de la Résilience et le PCR* est pour vous les amis !!!

    (*) PCR ce n’est pas la masquarade des tests covid, c’est un “Plan Concerté de Résilience” que nous co-créons en mode Archipels et et surtout en Symbiose.
    https://www.bio-scene.org/file/29889

    1. Bonjour Philippe,

      merci pour tes encouragements.

      Je ne sais pas si l’acronyme PCR* et son détournement en “Plan Concerté de Résilience” est la bonne étiquette à mettre sur nos projets d’archipels symbiotiques.

      En tout cas, merci pour ton travail et ton regard attentif.

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