L’An Zéro, pour atterrir (et décoller)

“Aujourd’hui, il faudrait cinq planètes pour continuer à vivre comme nous le faisons. Soudain, nous prenons conscience de la différence entre le monde dont nous vivons et le monde où nous vivons. Réconcilier ces deux mondes, c’est ce que j’appelle atterrir…” Bruno Latour

 

Le Rassemblement l’An Zéro aura lieu à Pigerolles, dans la Creuse, du 30 août au 1er septembre 2019. Il est porté par une conviction : c’est en réunissant les acteurs de la transition écologique, sociale et démocratique, que l’élan de bascule vers une société plus sobre, plus solidaire et plus résiliente sera amplifié. Ce rassemblement constituera une étape importante pour les citoyens et organisations souhaitant unir leurs forces au service de ces enjeux.

 

L’An Zéro est un événement qui sort de terre. Il naît de la rencontre d’un essoufflement (celui d’une société dont le sens s’est perdu) et d’un souffle vivifiant (mélange d’exaspération et d’enthousiasme débordant, caractérisé par les initiatives qui fourmillent sur les territoires depuis plusieurs années). Il s’inscrit dans le mouvement citoyen de lutte contre les changements climatiques et l’effondrement de la biodiversité et se pose en soutien des projets existants. Miroir des accomplissements de l’année écoulée pour les acteurs de la transition, l’An Zéro permettra surtout une convergence et une coordination des mobilisations à venir. A la veille de la rentrée, il veut faire résonner l’appel à l’état d’urgence climatique et permettre à l’écosystème de la transition de s’accorder sur une feuille de route pour l’année 2019-2020.

L’An Zéro sera un lieu de rencontres, où les actions mises en lumière pourront se rapprocher les unes des autres. S’y croiseront des permaculteurs et des citoyens soucieux de mettre les mains dans la terre, des associations plaidant pour davantage de démocratie au niveau local et des organisations attentives à leur impact environnemental. Le chef d’entreprise y discutera avec l’activiste, l’agriculteur avec l’employé du tertiaire, l’étudiant avec ses aînés. Ces échanges feront naître des vocations et avancer des convictions. Ils seront l’incarnation, pendant trois jours, d’une société que l’on désire plus solidaire, plus partageuse et curieuse, portée autant sur le débat intellectuel que sur le travail des mains et l’intuition des coeurs.

Pour convaincre que l’écologie est le sujet politique central, l’An Zéro se veut l’incarnation du changement que nous souhaitons voir dans la société. Conscients de l’imperfection d’une démarche que nous souhaitons la plus écologique possible, nous nous efforcerons de faire de ces trois jours un évènement (très) bas-carbone, pour s’approcher de cette cohérence entre les paroles et les actes que nous appelons de nos voeux.

En amont du rassemblement, des itinéraires sobres en carbone seront proposés par les cellules locales de la Bascule aux citoyens souhaitant se rendre en Creuse. Transports en communs, itinéraires à vélo et randonnées ponctuées d’arrêts dans des tiers-lieux de la transition seront proposés aux festivaliers. Parallèlement, un chantier participatif se déroulera à partir de juillet sur le site de Pigerolles (tu souhaites nous y aider? C’est par ici !). L’architecture du rassemblement y sera imaginée et laissera la part belle aux artistes et artisans souhaitant construire des structures en bois ou en matériaux recyclables et de récup. Méthaniseur, toilettes sèches, douches solaires et absence de plastique à usage unique seront les autres dimensions de cette démarche, dont l’objectif est de vivre en harmonie avec ce lieu qui nous est mis à disposition.

 

Le site de l’An Zéro sera organisé en villages thématiques, qui exploreront les solutions pour tendre vers une société résiliente, sobre en utilisation d’énergie et respectueuse de l’humain et de la nature.

 

  • Le Grand village

Mis à disposition des associations, entreprises et citoyens engagés, ce grand espace leur permettra de présenter leur travail et de proposer des solutions dans différentes thématiques.

Agriculture et alimentation : se nourrir sainement et de manière responsable (permaculture, potagers autonomes, agroécologie,…).

Habitat : à quoi ressembleront les maisons de demain (écovillages, maisons autonomes)?

Mobilité : se déplacer en minimisant son impact sur l’environnement.

Education et accès à l’emploi : recentrer l’apprentissage sur des activités qui ont du sens, qui permettent à chacun d’accéder à un emploi décent, quel que soit son milieu, son éducation, son histoire.

Energie et Eau : se fournir en énergie sans menacer notre santé et notre environnement.

Habillement : s’habiller de manière éthique, locale et durable.

Santé et Bien-être : apprendre à prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres et de la nature.

Economie circulaire : minimiser, gérer et recycler ses déchets.

Numérique : se servir des technologies numériques pour accélérer la transition.

Artisanat : apprendre à faire par soi-même (poterie, couture, construction, brassage de bières…)

 

  • Le village étudiant

S’appuyant notamment sur le mouvement des grèves pour le climat et la résonance du manifeste étudiant pour un réveil écologique, le village étudiant explorera les voies d’un système universitaire davantage en phase avec les réalités écologiques. De plus en plus, les étudiants ressentent que ce pour quoi ils ont été programmés devient obsolète. Alors que les paradigmes du monde du travail évoluent, et que la question du sens ne peut plus être oblitérée, nombreux sont ceux qui agissent pour l’évolution des programmes d’enseignements et pour une réorientation professionnelle. Jeunes ingénieurs en quête de sens séduits par les low-tech, étudiants en économie déterminés à remettre l’impact environnemental du système marchand au coeur des indicateurs de richesse, juristes convaincus de l’influence des décisions de justice dans l’orientation des politiques publiques et des stratégies entrepreneuriales, agriculteurs en devenir séduits par l’agroécologie, la permaculture et le biomimétisme, apprentis dans le bâtiment et architectes ouverts aux solutions d’habitat léger, artisans soucieux de développer un commerce local ; une génération entière exige ici d’étudier pour le monde qui vient, et réclame une évolution de l’enseignement vers davantage d’interdisciplinarité et de pragmatisme.

 

  • Le village militant

Sur ce village seront présentées les stratégies des différentes organisations (stands, assemblées générales en public), qui proposeront des ateliers d’intelligence collective et des formations à la désobéissance civile pour concevoir des actions communes !

 

  • Le village civique

Puisqu’il faut non seulement agir, mais aussi donner les moyens d’agir, les citoyens et organisations présents à l’An Zéro attacheront une importance particulière à la formation au lobbying d’intérêt collectif et à la diffusion des formes d’engagements publics susceptibles de mobiliser les citoyens.

 

  • L’agora

Véritable lieu d’échange et de démocratie, l’Agora accueillera des conférences, des débats aux formes variées et singulières. Elle sera le réceptacle des paroles de ceux qui font et de ceux qui aspirent à faire, ainsi qu’un lieu d’expérimentation de l’intelligence collective.

 

  • Le village média et nouveaux récits

Ce village regroupera deux espaces complémentaires : un espace de co-écriture des nouveaux récits, afin de faire émerger et de diffuser un récit cohérent pour construire le monde de demain, ainsi qu’une zone presse et média (interview, back-up média,…).

 

  • Le village restauration locale

Condition de notre survie, absolument centrale dans notre quotidien, l’alimentation sera mise à l’honneur au sein du village paysan et cuisinier. Il sera possible d’y rencontrer les producteurs et ceux qui subliment leurs produits, autour de menus du terroir.

 

  • Le village sportif

Parce qu’il est important de prendre soin de la terre mais aussi de l’humain, des activités sportives seront organisées. Loin d’être un prétexte à l’adversité, le sport est surtout un vecteur d’intégration et d’épanouissement formidable; il permet à chacun de se découvrir dans un effort physique sain et de s’ouvrir aux autres à travers la coopération et la ferveur d’un esprit d’équipe. A l’occasion de l’An Zéro, différentes manifestations sportives seront organisées, tournois de football et de beach-volley, jeux collectifs, pétanque et courses en tout genre…

 

  • Le village intérieur

La transition vers une société plus respectueuse de la Nature se voulant également plus respectueuse de l’humain, l’An Zéro proposera des temps de silence et de méditation, propices à la reconnexion avec soi-même, ainsi que des conférences sur le spiritualité, qui viendront interroger le sens de nos engagements et de notre rapport à la vie.

 

  • Le village participatif

Pour les artistes, ceux qui aiment s’exprimer à travers une photo, un geste, une danse ou l’expression d’un savoir-faire, pour ceux qui se déguisent volontiers, improvisent avec joie, transmettent avec passion, le village participatif laissera libre cours à l’imagination de chacun.

 

  • Le village des petits

L’An Zéro sera un rassemblement convivial, prêt à accueillir de nombreuses familles ! Un hectare d’activités ludiques et pédagogiques sera occupé pour éveiller et amuser les enfants.

 

En définitive, l’An Zéro sera un rassemblement festif et engagé !

“L’An Zéro”, pour acter dans les consciences et les actes que l’urgence de la situation écologique nécessite un changement de paradigme rapide dans nos modes de vie.

“Un Rassemblement”, car le défi semble si grand qu’il ne peut s’inscrire dans la traditionnelle division partisane ni dans l’éclatement des énergies. Il ne s’agit pas d’abolir les différences et les divergences d’opinion, mais plutôt de faire se rencontrer citoyens et organisations au sein d’un écosystème pragmatique et enthousiaste, désireux de dépasser les logiques d’un égo-système souvent frustrant et inefficace.

“Festif”, car la musique et les arts sont ce qui nous rapproche, et qu’une foule dansante, des spectacles d’humoristes et des vers de poésie font naître en nous des émotions que la pensée ne saurait procurer. Nous aurons le plaisir d’accueillir des artistes de talent, engagés et populaires, pour nous faire vibrer au cours de ces trois journées.

“Engagé”, surtout, car l’hédonisme ne peut être l’unique réaction à la déboussolante prise de conscience de notre fragilité. L’impatience de la jeunesse a la vertu de concorder avec l’urgence de la situation. Accompagnée et soutenue par ses aînés lanceurs d’alertes de métier, ignorés pendant trop longtemps, elle n’hésitera pas à faire fi de la langue de bois et à faire appel, comme le font depuis un an des élèves et étudiants du monde entier, à notre responsabilité collective. L’An Zéro sera politique, traversée pendant trois jours par des débats francs et respectueux, des formations à la désobéissance civile, des initiations à la permaculture et aux low-tech. Il mettra les citoyens au cœur de sa programmation : initiateurs de projets en circuit court, séduits par la proximité offerte par une alimentation saine et locale, favorables à des modes de vie plus sobres permettant de se reconnecter à l’essentiel, ils sont en effet les meilleurs ambassadeurs de leurs territoires.

La bascule sera collective ! Pour l’An Zéro, première pierre de cette aventure que nous rêvons en grand, nous avons besoin de toi, de vous tous.

 

Concrètement, comment participer à l’An Zéro ?

Je veux participer en tant que bénévole, sur le chantier participatif (en juillet/août) pour quelques jours, quelques semaines (ou même deux mois ! ) ou en tant que bénévole du 30 août au 1er septembre.

Je souhaite participer à l’An Zéro en achetant mes billets ici.

 

 Hâte de basculer tous ensemble !

 

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