Pourquoi je me suis engagée à La Bascule, par Julia Durand

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Pourquoi je me suis engagée dans La Bascule.

Je ne vous raconterai pas ce qu’est la Bascule, d’une part parce qu’elle est en construction et en évolution perpétuelle, et aussi parce qu’un site internet le fait déjà et bien mieux que moi. Je ne vous parlerai pas non plus de pourquoi je veux sauver la planète et nous avec, beaucoup d’autres l’ont déjà fait et, là encore, bien mieux que moi. Je vous parlerai juste de mon expérience à moi, qui est ce qu’elle est.

Je suis Julia, j’ai 33 ans et je vis à Grenoble. J’aurais voulu être artiste, mais j’ai choisi de faire de l’architecture. J’aurais voulu vivre de ce que mon cœur sait exprimer, mais j’ai choisi de vendre une prestation intellectuelle. J’ai donc choisi entre être et faire.

Je me suis installée à mon compte en 2011, en tant qu’architecte, pour dessiner les maisons des uns, les bureaux des autres, construire ou rénover. Et j’ai fait, du mieux que j’ai pu, je m’y suis appliquée, j’ai défait pour refaire, j’ai douté puis insisté… J’ai navigué entre un Smic et le RSA, entre remise en question et volonté de fer, mais j’ai continué.
J’ai croisé la route d’autres architectes, avec lesquels nous avons entrepris de massifier la rénovation énergétique et performante en France, en créant le collectif “Architectes de la rénovation”. Et nous avons fait, du mieux que nous avons pu, nous nous sommes appliqués…

Puis j’ai entendu un client me dire “dans 20 ans, je ne suis plus là, peu m’importe de mettre du PVC qui ne se rénove pas, ne se recycle pas et qui dégage du chlore pendant minimum 6 ans”.
J’ai lu l’enquête de l’Ademe, TREMI[3] (Travaux de Rénovation Énergétique en Maison Individuelle) qui indique que, de 2014 à 2016, sur les 5,1 millions de logements qui ont fait l’objet de travaux, 75% n’ont pas vu leur niveau de performance énergétique s’améliorer et sur les 25% restants, 20% ont gagné une classe énergétique et 5% ont gagné au minimum deux classes.

Nous n’avons rien lâché, nous avons continué à nous réunir, entre architectes, toutes les 2 semaines, 1/2 journée, pour réfléchir à comment inverser cette tendance, nous avons rencontré les collectivités, d’autres associations, signé la charte Plan Bâtiment Durable…

Mais rien n’y fait; nous n’avons pas d’argent pour rénover, les règlementations sont à la fois trop strictes pour laisser éclore nos rêves et trop laxistes pour soutenir la qualité environnementale espérée, l’alarme du Giec continue de sonner et les animaux disparaissent…
Et nous nous acharnons à faire, à vouloir déplacer des montagnes dans une lenteur sans fin, la tête entre les épaules, crispés sur nos intentions, et oubliant d’être. À vouloir être trop dans le faire, nous avons commencé à faire contre.
Ce genre de faire qui ressemble à une action sclérosante. Ce genre de contre qui empêche toute nouvelle réalité d’exister, avant même d’avoir été imaginée.

Alors j’ai tout arrêté, pour détricoter cette seule réalité que je connais et qui ne me nourrit pas, et pour prendre le temps d’imaginer celle que je voudrais.
La Bascule m’a offert ce temps. Le temps de faire avec, et non contre. Écouter les réalités de chacun, et non seulement la mienne. Commencer à vivre, sans retenir mon souffle. Non plus être dans le faire, mais être tout simplement.

Vue depuis mes yeux, la Bascule, c’est l’expérimentation de centaines d’individus qui réfléchissent à cette réalité souhaitée et qui cherchent comment l’incarner, et c’est celle qui me permet de devenir l’artiste de ma vie.
Ce n’est certainement pas un point au bout d’une phrase, qui affirme et clos le débat.
C’est une énergie folle nourrie par la biodiversité des âmes des basculeurs.
Enfin, la Bascule, c’est celle qui remet l’amour de soi, l’amour de l’autre et l’amour de la terre au centre de tous les débats.

Et c’est pour ça que je m’y suis engagée.

Julia Durand, 27 juillet 2019.

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